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2020 FIAF/Cinémathèque Programming Winter School at the Cinémathèque française. © FIAF

6e Winter School de programmation de la FIAF

Programme détaillé

En partenariat avec:

La Cinémathèque française et la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé


Notez que les heures indiquées sont celles de l'heure d'Europe centrale. Cliquez ici pour vérifier l'heure qu'il sera là où vous vous trouvez.

Jour 1 : jeudi 25 février 2021

14:00

Accueil des participants et présentation de la formation


PROGRAMMER EN SITUATION DE CRISE (I) : PLATEFORMES EN LIGNE

14:15

Oliver Hanley

Home Cinema: Programmation et accès en ligne aux collections film des archives affiliées de la FIAF - Un bref survol

Depuis ses modestes origines dans les années 1990, le Web a fini par s’imposer comme l'un des principaux moyens d'accès aux contenus audiovisuels, offrant une plate-forme aux producteurs et distributeurs contemporains et aux institutions patrimoniales, permettant de mettre les films à disposition d'un large public de façon à la fois pratique et rapide. En 2019, la Commission de programmation et d'accès aux collections (PACC) de la FIAF a commencé à documenter les efforts des archives cinématographiques en matière d'accès en ligne des films de leurs collections via une page dédiée sur le site Web de la FIAF. Suite à la pandémie de COVID-19 et au confinement du printemps 2020, cette ressource a pris une importance accrue, les restrictions en matière de santé et de sécurité ayant empêché la plupart des cinémathèques, des musées du cinéma et des salles de répertoire d’organiser des projections traditionnelles, tandis que nombre de festivals de cinéma se voyaient contraints à l'annulation ou à la "virtualisation". Grâce aux contributions des affiliés de la FIAF suite à un appel lancé par le Secrétariat et au travail inlassable de la PACC, cette collection, modeste au départ, comprend désormais plus de 110 liens vers des films disponibles auprès de plus de 75 institutions différentes, et cette ressource est la page la plus consultée du site Web de la FIAF. Cette présentation donne un aperçu de cette ressource et examine les manières dont certaines des institutions du patrimoine cinématographique ont assuré la disponibilité en ligne des films de leurs collections.

Oliver Hanley est un conservateur et programmateur établi en Allemagne. Diplômé du Programme de préservation et de présentation de l'image en mouvement de l'Université d'Amsterdam, il a travaillé à la Deutsche Kinemathek de Berlin (2008-2011) et au Musée du film autrichien de Vienne (2011-2016) avant d’intégrer l’équipe d’enseignants du Programme de maîtrise en patrimoine cinématographique de l'Université du cinéma Konrad Wolf de Potsdam- Babelsberg en décembre 2016. Au Musée du film autrichien, il a occupé le poste de responsable des publications vidéo en ligne et DVD, qui lui ont valu plusieurs récompenses, et a supervisé de nombreux projets de préservation et de restauration. Dans ses cours à Babelsberg, il s’intéresse à la transition de l'analogique au numérique dans divers champs de la culture cinématographique (patrimoniale) (production, préservation, restauration, accessibilité) et aux approches de la recherche historique liée au cinéma. Après en avoir été membre correspondant depuis 2016, il est devenu membre à part entière de la Commission de programmation et d'accès aux collections (PACC) de la FIAF en 2018 et, avec Matěj Strnad et May Hong Huadong, a joué un rôle essentiel dans le développement et la maintenance de la section Ressources électroniques de la PACC du site Web de la FIAF. Il est également membre du comité de rédaction de la revue cinématographique biannuelle en langue allemande Filmblatt (www.filmblatt.de).


14:30

Emilie Cauquy, Nicolas le Thierry & Catherine Hulin

"Faites confiance à notre algorithme"

Malgré l’apparence d’avoir été lancé au pied levé et sans crier gare en avril 2020, après 98 jours de mise en ligne quotidienne, 122 films en ligne et 805 000 visiteurs plus tard, HENRI a repris du service en septembre. La formule initiale de la plateforme VOD reste inchangée, et le 4e écran de la Cinémathèque française est désormais pérenne, toujours gratuit et accessible au monde entier. Tous genres, tous formats, issus des collections, occasionnellement venus d’ailleurs, une fois par semaine. Ce que tu n’as pas encore vu vaut de l’or. Entre Tsundoku (l’art d’empiler des livres non lus) et l’anti-bibliothèque d’Umberto Eco, HENRI se veut un laboratoire de surprise et de flânerie et invite le spectateur à naviguer comme un être humain plutôt que comme un robot. HENRI n’est pas né d’hier, ou seulement des circonstances très particulières du confinement. Il doit son existence à plusieurs décennies de programmation et de réflexion autour de la diffusion des collections de l’institution et du geste primaire de Langlois (conserver, montrer) aux premiers fascicules (livrets d’exposition, programmes des années 1950-1960), aux catalogues de tirages de la période Lichtig des années 1980, en passant par La Persistance des images en 1995 et enfin le CatFilm, catalogue en ligne des restaurations et tirages en 2012. Innover, c'est parfois redécouvrir des déterminations oubliées : nous vous proposerons donc un retour à trois voix sur la fabrication de HENRI, son code génétique, de sa conception à sa fabrication (un site éditorial autonome), en passant par les cases indispensables juridiques d’un SMAD (service de médias audiovisuels à la demande) gratuit.

Émilie Cauquy est responsable de la diffusion et de la valorisation des collections film de la Cinémathèque française. Chef de projet de HENRI, la plateforme VOD de l'institution ainsi que du catalogue en ligne des restaurations et tirages, elle programme régulièrement des cycles, notamment pour Il Cinema Ritrovato à Bologne (Marie Epstein, Colette, Nicole Vedrès, Musidora), ainsi que des séances spectaculaires entre projection, performance et lecture théâtralisée (Germaine Dulac, Musidora, Georges Méliès).

Catherine Hulin est directrice des affaires juridiques de la Cinémathèque française. Elle intervient en tant que chargée d’enseignement à l’Université Paris 8 et à l’Ecole nationale des chartes, où elle dispense des cours de droit du patrimoine et du cinéma. Elle a été nommée experte judiciaire près la Cour d’appel de Paris pour les litiges relevant du droit d’auteur appliqué au secteur culturel, arts et médias.

Nicolas Le Thierry d'Ennequin est chef de projet à la Cinémathèque française, où il conçoit notamment des sites Web pour valoriser les collections et les expositions. Il a réalisé le site de la plateforme HENRI. Auparavant, il a cofondé une société de distribution de films en République tchèque (Artcam), créé et animé un site d'actualité du cinéma de patrimoine à Paris (Séances), et collaboré à divers festivals et organismes cinématographiques.


15:00

Thomas C. Christensen

Les plateformes en ligne de l'Institut danois du film : danmarkpaafilm.dk et stumfilm.dk

L'Institut du film danois (Det Danske Filminstitut/ Danish Film Institute) a réussi à obtenir des financements supplémentaires pour des projets de numérisation permettant de rendre accessibles en ligne gratuitement des films documentaires historiques et des films de fiction de l'époque du muet.

La plateforme "Danmark på film" (Denmark on Film / Danemark en film) est née du souhait d'activer et de fournir un accès à toutes les "autres choses" perdues dans les rayonnages de nombreuses archives cinématographiques ; des séquences, des extraits et des films complets qu’il est difficile de présenter dans le cadre de projections publiques. L'utilisation d'une carte du Danemark comme point d'entrée et comme logique organisationnelle pour ces films de natures très diverses s'est révélée extrêmement efficace pour susciter l'intérêt du public et pour attirer des fonds publics supplémentaires en vue d’une numérisation à plus grande échelle.

Suite au succès de "Danmark på film", un dossier de numérisation tous azimuts du patrimoine cinématographique danois a été présenté à plusieurs fondations privées. Stumfilm.dk est né des efforts combinés de trois fondations qui financent la numérisation de tous les films de fiction muets danois ayant été conservés.

Les deux projets ont des arrière-plans techniques différents, et les films sont numérisés selon des normes elles aussi différentes. Mais tous deux portent sur des films qui sont soit libres de droits, soit dont les aspects commerciaux sont éclipsés par la valeur culturelle que représente leur mise en accès gratuit.

Thomas C. Christensen est titulaire d'une maîtrise en études cinématographiques de l'Université de Copenhague. Après avoir enseigné l'histoire du cinéma, l'analyse et la production de films à l'Université de Copenhague et à l'Université d'Aarhus, il a été nommé conservateur à l'Institut du film danois en 1998. Ses principaux domaines de responsabilité sont l'acquisition, la préservation et la restauration de films danois. Il a fait partie de la commission technique de la FIAF entre 2003 et 2015 (en tant que chef de ladite commission de 2006 à 2011). Depuis 2010, il siège au sein du comité exécutif de l'Association des cinémathèques européennes (ACE). Il participe actuellement à un projet de numérisation de tous les films muets danois réalisés entre 1896 à 1929 ayant été préservés. Il est un expert mondialement prisé dans les domaines de la préservation et de l'éthique de la restauration de films. Il a donné des conférences et dispensé ses conseils sur la préservation des films et la gestion de collections en Belgique, en Pologne, au Monténégro, en Macédoine du Nord et au Groenland. Au cours des deux dernières décennies, il a travaillé comme chef de projet et expert sur plusieurs projets financés par l'Union européenne, traitant de sujets comme la préservation des films, la numérisation, les droits d'auteur et la diffusion en ligne.


15:30

José Quental

Défis et potentialités de programmation en ligne pour la Cinemateca do MAM

La pandémie de COVID-19 a obligé la Cinemateca do MAM de Rio, comme de nombreux lieux culturels, à interrompre la programmation de la salle Cosme Alves Netto où, durant l’année 2019, plus de 900 films avaient été projetés. Si une présence numérique était un souhait et une ambition, elle ne constituait pas pour autant une perspective à court terme. Au contraire, nous menions une réflexion visant à établir une infrastructure de numérisation et une ligne éditoriale afin de mettre en valeur des éléments de notre collection. Pourtant, la pandémie a provoqué la nécessité immédiate d’une proposition de programmation en ligne. Il s’agissait d’une demande incontournable à laquelle il convenait de répondre. Cette réponse a été élaborée en quelques mois, avec une programmation expérimentale que nous voyons comme un ballon d’essai pour évaluer les différentes possibilités en la matière et les enjeux qu’elles impliquent. À partir de la création d’une chaîne Vimeo de la Cinemateca (https://vimeo.com/channels/cinematecadomam), nous avons poursuivi trois principaux axes d’action : une programmation des films brésiliens contemporains (par ex. : rétrospective Alumbramento) ; la valorisation des collections déposées à la Cinemateca (ex. : http://panoramicarosemberg.art.br/sobre) et la coorganisation d’un festival de cinéma expérimental (https://festivaldobra.com.br/).

José Quental est coordinateur de cinéma à la Cinemateca do MAM et co-directeur artistique de la Mostra de Cinema de Ouro Preto (Cine OP) pour la thématique préservation. Il est coordinateur technique de la Coordinadora Latinoamericana de Archivos de Imágenes en Movimiento (CLAIM). Diplômé en histoire (UFF-Brésil), titulaire d’un Master en cinéma (UFF-Brésil) et d’un doctorat en Cinéma (Université Paris 8, France). Il a été chargé de cours à l’Université Paris 8 (Cinéma – 2016-2017) et membre du comité brésilien du programme “Mémoire du monde” de l’Unesco (2011-2015).


16:00

Discussion avec les participants

16:15

Courte pause


PROGRAMMER EN SITUATION DE CRISE (II) : FESTIVALS DE PATRIMOINE CINEMATOGRAPHIQUE

16:30

Robert Byrne

Le Festival de film muet de San Francisco (San Francisco Silent Film Festival)

Le "cinéma en direct" est la carte de visite du Festival du film muet de San Francisco depuis que Kevin Brownlow a inventé ce terme. Depuis 24 ans, l'organisation s'est attachée à redonner vie aux films de l'époque du muet au sens le plus littéral de l’expression - en projetant des copies d'archives 35 mm avec accompagnement musical en direct, et dans le cadre hors du commun du Castro Theatre, salle de projection centenaire de San Francisco d’une capacité de 1200 places.

Alors, comment un festival ancré dans un lieu bien spécifique et axé sur la présence du public peut-il perdurer alors que ce qui constitue sa raison d'être est temporairement interdit par la loi ? Et comment conserver l’adhésion de son public, de ses soutiens et ses mécènes ? Pour une organisation à but non lucratif, ces questions dépassent largement le seul champ de la programmation artistique. Elles sont existentielles.

La réponse ne saurait se limiter à la diffusion en ligne de films muets. Il est difficile d’imaginer expérience moins captivante que de visionner un film muet sur un écran d'ordinateur. L'approche choisie a donc consisté à créer et à présenter une variété de programmes en ligne spécifiques au SFSFF : master classes avec des musiciens, conférences interactives, démonstrations et présentations de films restaurés par le SFSFF qui ne sont visibles nulle part ailleurs. Cela ne saurait remplacer l’expérience d’une projection en salle, et il ne s’agit assurément pas de "cinéma en direct", mais la réaction du public a été aussi spectaculaire que gratifiante.

Robert Byrne est président du San Francisco Silent Film Festival, organisation à but non lucratif dont la mission est d’initier le public au cinéma muet en tant qu’expression artistique et en tant que témoignage historique à haute valeur culturelle.

Rob est également restaurateur de films, spécialisé dans le cinéma des débuts et les films de l'époque du muet. En partenariat avec des archives et des collections de films dans le monde entier, il a supervisé la restauration de plus de vingt longs métrages et de nombreux courts métrages. Il a également donné des conférences à la Bibliothèque du Congrès, à l'University College de Cork, à la Queen's University de Belfast, et dans le cadre du Reel Thing Symposium et de nombreux symposiums techniques organisés par l'AMIA et la FIAF. Il publie régulièrement sur les thèmes de la restauration et de la préservation des films.



Jay Weissberg

Les Giornate del Cinema Muto (Pordenone)

En 2020, comme la plupart des festivals de cinéma, le festival du film muet Giornate del Cinema Muto (Pordenone) a été contraint de se tenir en ligne, ce qui a nécessité des changements importants dans sa structure et sa programmation. Il était impossible de proposer des séries thématiques en raison de la fermeture des archives et de l’interruption des restaurations en cours, ce qui a nécessité une refonte complète de la manifestation. Nous avons en outre estimé nécessaire de prendre en considération les horaires de travail de notre public ainsi que la multiplicité des fuseaux horaires, de sorte que le nombre d’œuvres projetées a été fortement réduit. Notre objectif premier était de rassembler les amateurs et experts du cinéma muet, et heureusement cette expérience a été un succès : le nombre d’accréditations a été multiplié par deux, et à la grande surprise de notre plate-forme partenaire, Mymovies.it, qui n'avait jamais vu un tel pourcentage, 50% des festivaliers ont visionné en streaming la totalité des films proposés. Cette mise en ligne nous a également permis de diffuser des discussions après chaque film, ainsi que des présentations de livres et des master class musicales, ce qui a considérablement augmenté le nombre de participants à ces événements parallèles.

Jay Weissberg est directeur depuis 2016 du festival du film muet Giornate del Cinema Muto/Pordenone, dont il avait participé à la programmation pour la première fois en 2009. Il a conçu des programmes de projections au Cinema Ritrovato de Bologne et, pendant le confinement consécutif à la pandémie, a lancé un blog, La Gatta Muta/Le Chat Muet, dans lequel il partage des histoires oubliées de l'ère du cinéma muet. Il signe des critiques de films dans Variety depuis 2003.


Cecilia Cenciarelli

Il Cinema Ritrovato (Bologne)

Il y a un an presque jour pour jour, la sortie sur Netflix de The Irishman de Martin Scorsese suscitait émotions et controverse autour des pratiques en matière de production et de diffusion des films, et tout particulièrement des films d'auteur. Douze mois et une pandémie mondiale plus tard, notre perception du temps s'est ralentie mais paradoxalement elle s’est aussi accélérée, au point que les querelles autour de The Irishman paraissent désormais anachroniques et hors de propos. L'extinction du cinéma a été redoutée et annoncée depuis ses débuts, et a été imputée successivement à l’arrivée du parlant, celle de la couleur, celle de la télévision, des télécommandes, des cassettes VHS, des plateformes numériques... Il se dit même que Louis Lumière aurait qualifié le cinéma d'"invention sans avenir"... S'il est vrai que les frères Lumière ont inventé le cinéma à trois reprises – le support technologique, puis la forme d'art et enfin les projections publiques en salle - alors c'est à notre tour de le préserver, et peut-être de transformer cette expérience dystopique en une occasion de dire des choses importantes. De dire par exemple combien l'expérience du cinéma est unique ou combien visionner les films en même temps et collectivement est important, de souligner la vitalité du patrimoine cinématographique et la richesse des archives cinématographiques, et accessoirement le pouvoir d’une bonne programmation.

Cecilia Cenciarelli est responsable du département recherche et projets spéciaux à la Cineteca di Bologna (Italie), au sein de laquelle elle travaille en tant qu'archiviste depuis 2000. Pendant plusieurs années, elle a supervisé la numérisation, le catalogage et l’étude des archives (papier et photos) de Charlie Chaplin, le projet de restauration des films de Buster Keaton, et elle travaille actuellement sur les archives de Bernardo Bertolucci. Depuis sa création en 2007, elle fait partie de l'équipe du World Cinema Project - un programme spécial géré par la Film Foundation pour préserver et diffuser le patrimoine cinématographique en péril - qui a contribué à restaurer, préserver et projeter plus de quarante films d'Afrique, d'Asie, d'Europe de l'Est, d'Amérique centrale, d'Amérique du Sud et du Moyen-Orient. Cecilia est l'une des quatre directrices artistiques du festival Il Cinema Ritrovato et elle est également vice-présidente de la FIAF.


Ines Aisengart Menezes

CineOP – le festival du film d’Ouro Preto

Créé en 2006, le CineOP - Festival du film d'Ouro Preto est le principal événement annuel consacré au patrimoine audiovisuel au Brésil. Sa programmation est structurée autour de trois thèmes centraux : la préservation, l’histoire et l’éducation. Outre des projections de films patrimoniaux et contemporains, sont proposés des symposiums, des master class auxquelles participent des experts internationaux, des ateliers, des concerts, un catalogue analytique volumineux, des rencontres sur le thème de l'éducation en Amérique latine et la Réunion nationale des archives et collections audiovisuelles brésiliennes - qui a été cruciale pour la création d'un mouvement de défense du patrimoine audiovisuel brésilien. Le CineOP se tient à Ouro Preto, une ville de montagne à laquelle son architecture coloniale baroque a valu d’être classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO. La 15e édition, en 2020, s’est exceptionnellement tenue en ligne en raison de la pandémie de COVID-19.

Ines Aisengart Menezes est une spécialiste de la préservation audiovisuelle dotée d’une expérience professionnelle de 19 ans en gestion du patrimoine culturel et marché de l'audiovisuel. Elle est titulaire d'une licence en études cinématographiques (Université fédérale de Fluminense - UFF, Brésil) et d'un Master en préservation et présentation de l'image en mouvement (Universiteit van Amsterdam - UvA, Pays-Bas). Après sa maîtrise, elle a travaillé pendant un an au EYE Filmmuseum. De 2016 à 2020, elle a travaillé à la Cinemateca Brasileira. Elle est actuellement co-commissaire du symposium sur la préservation de l'audiovisuel du festival CineOP - Mostra de Cinema de Ouro Preto (depuis 2017) et donne des conférences sur la préservation de l'audiovisuel.


17:15

Discussion avec les participants

17:30

A vous de programmer!

Certains des participants qui ont apporté leur contribution au jeu de programmation de la FIAF avant la Winter School présenteront leurs choix de programmation et en discuteront avec les autres participants.


18:00

Fin du 1er jour


Jour 2 : vendredi 26 février 2021

14:00

Accueil des participants

ATTEINDRE DES PUBLICS INHABITUELS OU ELOIGNES

14:05

Sungji Oh

Cinema on Wheels

Les Archives coréennes du film (Korean Film Archive, KOFA) a lancé le programme "Cinema on Wheels" en 2001 pour offrir une expérience cinématographique unique aux personnes résidant dans des régions éloignées. Armée de deux projecteurs 35 mm, l’équipe mobile a visité 34 lieux différents rien que pour 2001, organisant des projections au rythme de plusieurs centaines chaque année. Son champ d’action ne s’est pas limité aux petites villes, incluant également des institutions pour handicapés, des écoles alternatives ou des bases militaires. Un large éventail de films, du commercial à l'indépendant en passant par l'art et essai, a été présenté dans le cadre de ce programme au long de ses deux décennies d’existence. Actuellement, du fait de l'épidémie de COVID-19, l'équipe de "Cinema on Wheels" a commencé à organiser des projections en drive-in pour permettre au public de voir des films en toute sécurité. Après une brève remise en contexte du projet, cette présentation expliquera comment la KOFA organise ces projections et assure leur promotion.

Sungji Oh est conservatrice en chef de la Cinémathèque KOFA des Archives coréennes du film. Après avoir obtenu son diplôme de l'Ecole de préservation du film L. Jeffrey Selznick, elle a intégré les Archives coréennes du film en septembre 2002. Depuis lors, elle travaille dans divers domaines, mais principalement à la programmation de films. Elle a publié Stories of Film Archives en 2009.


14:25

Robert Poupard

Programmer en milieu carcéral

En 2016, le Centre national du cinéma et de l’image animée a initié une action d’intervention dans les prisons de la région parisienne. Cette action s’inscrit dans une mission de Service civique et forme de jeunes volontaires à la tenue de ciné-débats. La mission, encadrée par Robert Poupard, intervient dans les maisons d’arrêt, de Bois-d’Arcy, de Villepinte, de Versailles et de la Santé. Des projections mensuelles sont aussi organisées à la maison Centrale de Poissy. Les programmations sont adaptées selon que les interventions ont lieu dans des maisons d’arrêt pour hommes (Bois-d’Arcy, Villepinte et la Santé), pour femmes (Versailles) ou la Centrale de Poissy.

Robert Poupard est chargé d’études documentaires à la Direction du patrimoine du Centre national du cinéma et de l’image animée. Il a participé de 1992 à 1996 à l’identification et la restauration des films des frères Lumière. Depuis 2013, il intervient tous les mois dans des maisons d’arrêt de la région parisienne pour organiser des ciné-débats.


14:45

David Somerset

African Odysseys - une décennie d'éducation cinématographique révolutionnaire au BFI Southbank

Depuis 15 ans, African Odysseys propose un programme novateur de projections contextualisées, présentant régulièrement à la communauté afro-antillaise de Londres et du Royaume-Uni un large éventail de documentaires et d’œuvres de fiction, films d'artistes ou d'archives et d’oeuvres nouvelles et des débats avec des intervenants prestigieux. Sa réussite ne réside pas uniquement dans son contenu proprement dit, puisque des programmes de films africains et noirs ont été proposés ponctuellement, ces dernières années, au sein d’institutions culturelles comme le Barbican, l'ICA ou le BFI. Son succès est plutôt lié à la présence régulière et sur la durée d'un public de la diaspora africaine jusqu'alors sous-représenté, avec une programmation pertinente de films rares, faisant directement écho à ses préoccupations et à ses combats actuels. (La seule interruption du programme, depuis 14 ans, a correspondu au confinement lié au COVID au Royaume-Uni). La programmation fait appel à la compréhension des archives, de l'histoire du cinéma et des expositions, ainsi qu'à une conscience sensible et approfondie des préoccupations actuelles de la diaspora africaine à Londres et au-delà. Elle est mis en œuvre par un groupe de pilotage (composé de militants, d'éducateurs, de créateurs de films et de représentants communautaires et organisations bénévoles). Mensuel, ce programme très vivant comprend également des saisons consacrées à des réalisateurs importants mais souvent sous-estimés, ainsi que des avant-premières et des premières de films. Il n’a pas d’équivalent au Royaume-Uni ou au-delà.

David Somerset a étudié la littérature et la philosophie et est titulaire d’une maîtrise en cinéma et vidéo. Il a ensuite développé des pratiques de réalisation et présenté son travail à des festivals de cinéma et des diffuseurs internationaux. En tant qu'éducateur qualifié d'adultes, il a enseigné la réalisation à des étudiants de premier cycle et à des apprenants adultes au Birkbeck College et au City Lit de Londres. À la fin des années 1990, il a collaboré à une revue internationale sur le cinéma, puis s'est intéressé à la programmation de films du monde entier et à la production de films indépendants. Nommé pour concevoir et mettre en œuvre un programme d'éducation et d'organisation d’événements au Museum of London Docklands de 2003 à 2007, il a développé une expertise dans la programmation de films communautaires. En 2007, il a été nommé programmateur pour les communautés d'adultes au BFI Southbank. Il a récemment participé à plusieurs tables rondes dans des festivals de cinéma, et continue à écrire et à programmer un large éventail de films indépendants (avec une spécialisation dans les films du BFI Production Board du milieu des années 1970, les documentaires et drames d'Asie du Sud et de l'Est, les films de réfugiés et les films indépendants de et sur la diaspora africaine). Outre African Odysseys, il propose une programmation mensuelle régulière de films pour les publics plus âgés, une programmation annuelle de films chinois et une thématique régulière sur les documentaires et les drames sud-asiatiques, ainsi qu'une thématique annuelle sur les films réalisés par et sur les réfugiés.


15:05

Stéphanie Dongmo & Christian Lambert

Le Cinéma Numérique Ambulant, un réseau de cinéma mobile unique en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale

Le Cinéma Numérique Ambulant (CNA) est un réseau international d’associations de cinéma mobile installées dans neuf pays en Afrique de l’Ouest et du Centre : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Togo et Sénégal.

Le CNA a pour objectif la diffusion de films africains dans des régions où le cinéma n'existe pas, principalement les villages et les quartiers défavorisés des villes. Indissociablement, il projette des documents audio-visuels destinés à sensibiliser les populations sur les graves problèmes de développement, de santé, de société et de citoyenneté auxquels elles se heurtent. Il étend désormais ses activités à la production de films éducatifs.

Le CNA est un outil à la fois culturel et social, qui diffuse un patrimoine authentique aux populations n’ayant pas accès à la culture et aux arts contemporains, en particulier au cinéma, en raison de leur enclavement géographique et social. Le CNA met à profit la légèreté du numérique pour permettre aux films africains de rencontrer leurs publics. Il installe ses écrans en plein air dans les espaces ouverts et organise en moyenne 1200 séances de projections par an, pour un public annuel estimé à plus de 300.000 spectateurs. Il est ainsi l’un des plus grands diffuseurs en Afrique.

L’intervention de Christian Lambert et Stéphanie Dongmo reviendra sur les origines du projet, comment il s’est développé au fil des ans et dans quels territoires, quels sont ses publics et ses missions. Elle ouvrira aussi des champs de réflexion sur l’acte de programmer en situation de crise.

Stéphanie Dongmo est chargée de mission du Cinéma Numérique Ambulant Afrique, la structure de coordination de l’ensemble des CNA installé sur le continent. Elle est aussi présidente du CNA Cameroun depuis 2012.

Christian Lambert est un technicien français du cinéma. En 2001, avec sa compagne Laurence Vendroux, il fonde le Cinéma Numérique Ambulant et travaille à l’installer en France et dans plusieurs pays d’Afrique.


15:25

Discussion avec les participants

15:45

Courte pause

HISTOIRES DE PROGRAMMATION

16:00

Beatriz Tadeo Fuica

Evocation de l'histoire de la programmation de la Cinemateca Uruguaya

Au cours de cette présentation seront analysés des exemples de saisons, de rétrospectives et de projections ponctuelles organisées par la Cinémathèque uruguayenne depuis sa création au début des années 1950. Cette institution a toujours considéré la projection de films comme très importante. Les racines de cette conviction remontent à sa création, fruit d'une collaboration entre les deux plus importants ciné-clubs uruguayens de l'époque (le Cine Universitario del Uruguay et le Cine Club del Uruguay), et du soutien d'Henri Langlois, qui considérait lui aussi les projections comme essentielles. A l’instar de nombreuses autres cinémathèques d'Amérique du Sud, l'institution uruguayenne a reçu des films de la Cinémathèque française et, étant affiliée de la FIAF depuis 1952, d’un grand nombre de ses autres membres. Explorer les principes qui sous-tendent des programmations spécifiques nous permettra de mieux connaître cette institution, l'une des plus anciennes de la région et la seule de la première génération de cinémathèques sud-américaines à demeurer aujourd'hui pleinement active, avec l’organisation de programmations quotidiennes grâce au soutien de ses propres membres.

Beatriz Tadeo Fuica est titulaire d'un doctorat sur le cinéma et les études culturelles de l'Université de St Andrews (Royaume-Uni). Elle est ancienne boursière Marie Sklodowska-Curie de l'IRCAV, Université Sorbonne-Nouvelle, Paris 3, où elle a initié le projet "TRANSARCHIVES" : Patrimoine cinématographique et pratiques archivistiques : Rencontres transcontinentales passées et présentes". Elle est l'auteur de "Uruguayan Cinema 1960–2010: Text, Materiality, Archive" (2017) et a co-supervisé et co-signé de "CEMA : Archivo, video y restauración democrática" (2016). Ses recherches ont été publiées dans des revues comme The Moving Image, Iluminace : Journal for Film Theory, History and Aesthetics, Memory Studies, Cine documental et Quarterly Review of Film and Video. Avec ses collègues de l'association de recherche Kinétraces, elle coordonne actuellement le projet "Missing Pieces : Pour une histoire alternative des images animées", soutenu par l'INHA-Paris.


16:20

Stéphanie E. Louis

La programmation à la FIAF. Histoire de l’invention d’une compétence professionnelle

A l’appui des archives et des publications de la FIAF, nous proposerons une vue synoptique de la manière dont la communauté FIAF s’est emparé de la problématique de la programmation au fil de son histoire. De la question de la circulation des copies (années 1960) à la mise en œuvre d’un dispositif de formation dédié (2015), en passant par des préconisations matérielles et techniques (des années 1980 à nos jours), il s’agira de montrer comment la communauté FIAF, à travers ses discussions, ses rendez-vous rituels et publications, a progressivement fait exister la compétence du programmateur au sein du panel habituel des activités de ses membres.

Stéphanie E. Louis est chargée de mission pour la coordination des activités de recherche à l’Ecole nationale des chartes (Paris). Elle a publié en 2020 un ouvrage tiré de sa thèse de doctorat : La Cinémathèque-Musée. Une innovation cinéphile au cœur de la patrimonialisation du cinéma en France. Elle poursuit ses recherches sur l’histoire des pratiques d’exposition des collections cinématographiques, et supervise également le programme de recherche « Histoire de la pédagogie de la création artistique » à l’ENC. Elle est membre du Conseil d’administration de l’Association française de recherches sur l’histoire du cinéma et co-organisatrice du Séminaire d’histoire culturelle du cinéma.


16:40

Discussion avec les participants

17:00

A vous de programmer! (II)

Certains des participants qui ont apporté leur contribution au jeu de programmation de la FIAF avant la Winter School présenteront leurs choix de programmation et en discuteront avec les autres participants.

17:45

Fin de la 2e journée


Jour 3 : lundi 1er mars 2021

14:00

Accueil des participants


PROGRAMMER LE CINEMA AMATEUR

14:05

Anna Briggs & Mirco Santi

INEDITS: une programmation entre passé et futur

L’association INEDITS a été créée en 1991 pour encourager la collecte, la conservation, l’étude et la valorisation des films amateurs. Ses membres se retrouvent annuellement pour échanger sur leurs pratiques, écouter des interventions de spécialistes et découvrir des films ou spectacles conçus à partir de films amateurs : un programme thématique mais hétérogène surprenant par l’originalité et la variété des images en format réduit. Nous évoquerons le cheminement de cette programmation « face à face » puis les innovations engendrées par le confinement : des propositions « virtuelles » des membres, par exemple des ciné-concerts ou une performance didactique en archéologie des médias...

Nous présenterons le projet de centenaire des formats réduits (9,5mm-2022, 16 mm-2023, 8mm- 2032) porté par Inedits. Cette initiative promouvra des fonds rarement vus dans les salles et festivals internationaux ; elle permettra aussi aux programmateurs d’expérimenter avec des matériaux et contenus particulièrement versatiles ; elle sera enfin l’occasion de fédérer un réseau international autour de la pérennisation des formats et équipements nécessaires à la création et la sauvegarde. Nous décrirons les modules de programmation que nous prévoyons de proposer et le fil rouge curatorial qui liera les centenaires.

Anna Briggs est archiviste des images en mouvement. Elle est spécialisée dans la valorisation des fonds de films amateurs et de non-fiction, l’éducation à l’image, la médiation et la programmation. Elle co-dirige le conseil d’administration de l’association Moving Image Preservation of Puget Sound, dotée d’un laboratoire de numérisation de vidéos à Seattle. Anna a fait des études de cinéma aux Universités de Bologne et Paris 1 – Panthéon Sorbonne, et a suivi une formation en conservation des images en mouvement à l’UCLA en tant que boursière Fulbright. Elle a été chargée de cours, enseignante et formatrice, responsable de projet en éducation à l’image, animatrice socio-culturelle, assistante de production et de festival cinématographique, traductrice, recherchiste et archiviste. Anna effectue une recherche doctorale sur les images en mouvement de non-fiction en tant qu’objets de pratiques archivistiques et curatoriales, comparant des données issues de douze études de cas dans des archives de différents pays. Elle est experte pour l’Agence exécutive « Education, audiovisuel et culture » de la Commission européenne. En tant que membre de l’association Inedits - Films Amateurs / Mémoire d'Europe, Anna co-dirige la curation d’une série d’initiatives et événements internationaux célébrant les centenaires des formats réduits : 9,5mm (2022), 16mm (2023) and 8mm (2032).

Mirco Santi est cofondateur de Home Movies-Archivio Nazionale del Film di Famiglia et responsable de la restauration technique et de la numérisation au sein de l’archive. Titulaire d’un doctorat en études audiovisuelles, puis chercheur à l'Université d'Udine, il a activement collaboré avec le laboratoire de restauration La camera ottica à Gorizia dans le cadre d'un projet de recherche sur le traitement, la conservation et la documentation des formats réduits (8 mm ; Super 8 ; 9,5 mm et 16 mm). Il est actuellement Président du conseil d'administration d'INEDITS Films Amateurs / Mémoire d'Europe, une association regroupant des archives européennes consacrées à la collecte et à la valorisation de films amateurs. Il est co-programmateur du festival Archivio Aperto, pour lequel il sélectionne des films pour des projets audiovisuels et d’installation partant des formats réduits, souvent en relation avec des musiciens électroacoustiques. S’intéressant à la matérialité de la pellicule, Mirco développe ainsi des films en formats Super 8 et 16 mm en noir et blanc et en couleur ; il organise aussi des « ateliers d'animation chromatique » en 16mm proposés à la fois aux enfants et aux adultes.


14:25

Paolo Simoni

Formats réduits et grand défi : programmer des films amateurs et expérimentaux en temps de crise

Quelles stratégies de programmation de films amateurs et expérimentaux mettre en place face aux défis de notre époque ? Nous avons appris au fil des ans que les films de format réduit appellent une politique de programmation spécifique pour les faire connaître au public : projections de films amateurs accompagnées de témoignages des protagonistes, séquences restaurées et sonorisées en direct, projections de quartier pour visualiser les recoins cachés de paysages disparus, reconstitution d'appareils et de films originaux pour découvrir la matérialité et les différentes pratiques du cinéma amateur, création d'opportunités de rencontres intergénérationnelles pour élaborer des contre-récits de l'histoire (du cinéma) par le biais de matériaux recontextualisés. Aujourd'hui, en ces temps de pandémie, ce défi doit être reconfiguré, au moins partiellement, pour tenter de trouver de nouvelles voies, mais aussi pour saisir l'opportunité d'atteindre un nouveau public. La conférence présentera le point de vue – nourri de vingt ans d'expérience - de l'Archivio Home Movies (Italie) et de son festival annuel Archivio Aperto qui, en 2020, en se mettant en ligne, s'est fixé pour objectif de conserver sa spécificité et d’inventer des fonctionnalités originales sur les plateformes numériques.

Paolo Simoni a co-fondé Home Movies - Archivio nazionale del film di famiglia à Bologne, qu'il dirige depuis 2002 et pour laquelle il a conçu, produit et supervisé divers projets, comme le festival Archivio Aperto et la plateforme numérique Memoryscapes. Il a également travaillé en tant que chercheur et commissaire à la Cineteca di Bologna et au festival Il Cinema Ritrovato, pour lesquels il a conçu des programmations de documentaires et de films de found footage. Son activité de commissaire accompagne des recherches universitaires sur les mêmes sujets : il a ainsi obtenu un doctorat en biens culturels à l'Université Politecnico de Turin et a mené des projets de recherche à l'Université de Modène et de Reggio d’Emilie ainsi qu'à l'Université de Padoue. Parmi ses publications, on trouve de nombreux articles sur les formes, pratiques et histoires du cinéma amateur et expérimental et sa réutilisation contemporaine, et le livre Lost Landscapes. Il cinema amatoriale e la città (Kaplan, Turin, 2018).


14:45

Dwight Swanson

Trois projets de programmation de "home movies"

Dwight Swanson évoquera trois projets autour de films amateurs auxquels il a été associé : leur genèse, leur mise en œuvre, leur présentation et l’accueil qu’ils ont reçu. Chacun d’eux différait des autres quant à son format, son mode de diffusion, le public concerné et les objectifs visés, d’où des défis et des stratégies également différents. Living Room Cinema: Films from Home Movie Day (2007) était une anthologie au format DVD réunissant 22 films qui avaient été projetés lors de journées du cinéma amateur. Amateur Night: Home Movies from American Archives (2010), proposé sous la forme d’un long métrage 35 mm, réunissait des films amateurs et familiaux conservés par des archives cinématographiques américaines. Enfin, "Home Movie Day and Night" (2019) consistait en la diffusion groupée sur le Web, 24 heures d’affilée, de films amateurs provenant d'archives et de collections du monde entier.

Dwight Swanson a travaillé comme archiviste pour des collections américaines de cinéma et de vidéo en Alaska, dans le Maine, dans le Kentucky et à Washington. Il a donné des conférences et signé de nombreux ouvrages sur le cinéma amateur et son histoire, et a organisé des conférences sur les films amateurs, non cinématographiques et médicaux. Il a co-fondé le Home Movie Day et le Center for Home Movies, où il a supervisé et coproduit un certain nombre de projets de conservation de films familiaux, parmi lesquels Living Room Cinema, Amateur Night et "Home Movie Day and Night : The 24-Hour Home Movie Marathon". En 2020, il a été l’un des concepteurs de la série de projections "Other Histories: Amateur Films on the National Film Registry".


15:05

Katie Trainor

La programmation de films amateurs au MoMA

Après la réouverture du Musée d'art moderne après son expansion à l'automne 2019, le public a pu voir l'exposition Vie Privée Et Espaces Publics dans les nouvelles Galeries du film, une exposition de plus de 200 films amateurs et d'artistes. Je vous expliquerai comment nous avons travaillé avec le conservateur en chef pour réunir les quelque 47 heures de film représentées dans cette exposition. Nous avons également organisé un week-end consacré aux home movies en collaboration avec le Center for Home Movies et le département éducatif du MoMA, avec une journée consacrée aux home movies et la projection d’Other Stories, qui réunit des films amateurs inscrits au Registre national des films.

Katie Trainor est responsable des collections du département cinéma du Musée d'art moderne de New York. Elle est diplômée de la L Jeffrey Selznick School of Film preservation au musée George Eastman, et a exercé les fonctions de responsable des archives à la Harvard Film Archive, de directrice des opérations au Jacob Burns Film Center, de programmatrice au Nantucket Film Festival, et projectionniste de films à Sundance, Dubaï, Traverse City, entre autres.


15:25

Brian Meacham

La conservation et la programmation de films amateurs dans une archive universitaire

La Yale Film Archive détient une riche collection de films amateurs de S.W. Childs, Jr, réalisateur prolifique qui a travaillé avec sa famille et ses amis dans l'est des États-Unis entre les années 1920 et 1960. Donner accès aux films amateurs peut constituer un défi, et cette conférence abordera les différentes façons dont les archives ont oeuvré pour partager ces films. Des projections publiques avec partitions musicales inédites et la nouveauté que constituent (pour les archives) les projections en ligne, complétées d’entretiens pour une meilleure mise en contexte, ont permis aux archives de partager pour la première fois ces films personnels avec un large public.

Depuis 2013, Brian Meacham est archiviste à la Yale Film Archive, où il supervise l'acquisition, l'inspection, le catalogage et la préservation d’une collection film riche de plus de 8 000 éléments imprimés et préimprimés acquis par l'université au cours des 50 dernières années. Il a supervisé la préservation de plus d'une douzaine de films de la collection, financée grâce à l’obtention de bourses de la National Film Preservation Foundation, et a contribué au lancement et à la programmation de la série de projections en 35 mm toujours en cours, "Treasures from the Yale Film Archive". Avant son arrivée à Yale, il travaillait comme conservateur de films à l'Academy Film Archive de Los Angeles. Depuis 2015, il représente les archives associées au sein du Comité exécutif de la FIAF, et est membre de la Commission de programmation et d'accès aux collections de la FIAF.


15:45

Discussion avec les participants

16:00

Courte pause

PORTRAIT DE PROGRAMMATEUR

16:20

Conversation avec Bernard Eisenschitz

Une programmation peut faire deux choses : apporter un savoir sur le cinéma, mais aussi proposer un autre savoir, des changements de perspective, une autre histoire-géographie : dans mon cas, distinguer le « documentaire » du « réel », redéfinir l’idée de « grands auteurs », regarder d’un œil neuf un cinéma historique (soviétique, allemand…). Le cinéphile devenu historien ajoute un troisième terme à sa relation avec le cinéma et les films : le public.

Bernard Eisenschitz est traducteur et historien, entre autres activités. Il intervient à titre de programmateur indépendant dans des cinémathèques, des initiatives pédagogiques, des festivals et des institutions muséales.


16:50

Discussion avec les participants

17:00

A vous de programmer! (III)

Certains des participants qui ont apporté leur contribution au jeu de programmation de la FIAF avant la Winter School présenteront leurs choix de programmation et en discuteront avec les autres participants.

17:45

Fin de la 3e journée


Jour 4 : mardi 2 mars 2021

14:00

Accueil des participants

LE FILM DE MONTAGE COMME UN PROLONGEMENT DE LA PROGRAMMATION DE PATRIMOINE CINEMATOGRAPHIQUE

14:05

Julien Faraut

La réalisation de montage d'archives au secours d'une collection de films "improgrammables"

Dans le contexte particulier d'une collection de films sportifs à forte composante « technique » (films d'instruction élaborés ou simple captation de performances) et en présence de matériaux très bruts (rushes muets) le recours à un montage et à une éditorialisation s'avère salutaire afin de pouvoir « programmer » ces films ou bouts de films et faire découvrir à un large public la richesse et la singularité d'une collection de documents peu intelligibles en l'état.

Julien Faraut est responsable de l'unité Iconothèque à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP). Il a réalisé depuis 2003 une dizaine de films, dont quatre long métrages, Paris Jeux t'aime, Regard neuf sur Olympia 52, L'empire de la perfection et Les Sorcières de l'Orient, qui ont tous comme point de départ la valorisation d'archives issues des collections filmiques dont il a précisément la charge.


14:30

Michael Loebenstein

Cinéma et recyclage

À bien des égards, la pratique de la conservation des films et l'art de la réalisation des films de found footage partagent une histoire et des valeurs communes. Contrairement à d'autres formes de cinéma qui ont vu le jour d’elles-mêmes avant d’être conservées par les archives cinématographiques, le found footage en tant que tradition cinématographique n'a fait son apparition qu'après que les archives cinématographiques eurent accumulé suffisamment de matière pour susciter la curiosité des artistes.

En outre, il existe un lien fascinant entre la réutilisation de séquences cinématographiques préexistantes et l'idée qui sous-tend le travail des musées et des archives cinématographiques, celle de "préserver" le patrimoine cinématographique. Tout comme l'artiste – en ce qu’il transforme, maltraite voire détruit des archives – était autrefois mal vu des conservateurs purs et durs, les artistes peuvent être vus, et se voient du reste eux-mêmes, comme des sauveurs de collections.

Depuis leur apparition, les films de found footage ont manifesté l’ambition d'organiser, de résumer ou d'interpréter certains pans du patrimoine cinématographique. Les stratégies mises en œuvre par les artistes en matière de réappropriation, de redéfinition et de transformation de films archivistiques ou historiques ont façonné notre compréhension actuelle de "l'art des archives" : comme outil d’examen scientifique de l'obsession de la société pour les images ; comme taxonomie, ou atlas des stéréotypes ; comme porteur de mémoire et d'identité pour les individus et collectivités humaines ; et comme support de poésie sonore et visuelle tout au long d’une œuvre.

Dans mon exposé, je soulignerai certains de ces liens et examinerai ce que l’art peut enseigner aux conservateurs et programmateurs et comment le "cinéma recyclé" et la démarche artistique dont il témoigne peuvent enrichir notre compréhension de la préservation et de la conservation.

Michael Loebenstein a investi le domaine de l'archivage des films par le biais de son travail de critique cinématographique et de producteur de médias (CD-ROM et sites Web) à Vienne. Il est devenu le conservateur fondateur du département Recherche et éducation du Musée autrichien du film en 2004 ; entre 2011 et 2017, il a été PDG de la National Film and Sound Archive d'Australie. Depuis octobre 2017, de retour à Vienne, il travaille comme directeur du Musée autrichien du film. Il a co-signé des ouvrages sur la conservation des films et sur les cinéastes d'avant-garde Gustav Deutsch et Peter Tscherkassky, et il est le secrétaire général de la FIAF depuis 2013.


14:55

Bill Morrison

Le montage d’images d’archives par Bill Morrison

Dawson city : le temps suspendu mêle de manière fascinante les images retrouvées de films des premiers temps et celles de son enquête. Il restitue ainsi l’histoire locale de centaines de bobines de films enterrées au début du XXème siècle sous une patinoire d’une petite ville canadienne et un beau jour redécouvertes, et, dans un même mouvement, une histoire plus ample de l’exploitation du cinéma au temps de la ruée vers l’or. Nous évoquerons avec Bill Morrison les arcanes de ce travail d’archéologie et de ce geste d’écriture qui passent par le montage d’images appartenant à d’autres temps et miraculeusement révélées.

Né à Chicago, Bill Morrison est un cinéaste new-yorkais ayant réalisé plus d’une trentaine de films dans lesquels il recourt au montage pour croiser prises de vues et archives ou sources préexistantes. Il s’intéresse tout particulièrement au motif de la décomposition à partir de 2002 dans son film Decasia. Sa quête obsessionnelle de trésors cinématographiques cachés irrigue ses films, qu’il accompagne de musiques hypnotiques telles celles de Phillip Glass ou Jóhann Jóhannsson. Une rétrospective au MoMA est venue consacrer son œuvre en 2014 et le film Dawson city : le temps suspendu a été reconnu par la critique américaine comme l’un des meilleurs films documentaires des années 2010.


15:20

Discussion avec les participants

15:40

Courte pause

APRES LA WINTER SCHOOL

16:00

Iris Elezi & Louise Burkart

Présenter et conserver le patrimoine cinématographique albanais

Après s'être rencontrées à la Winter School de programmation de la FIAF à Paris en 2018, la directrice des archives albanaises Iris Elezi et la restauratrice et programmatrice de films Louise Burkart se sont retrouvées dans la capitale albanaise, Tirana. Louise s'est rendue dans ce pays des Balkans afin de visionner des films albanais réalisés sur cinq décennies et de discuter avec les archivistes locaux des défis auxquels ce patrimoine menacé se trouve confronté. Ce séjour enthousiasmant l'a amenée à concevoir un vaste programme consacré au cinéma albanais, qui a été présenté dans quatre pays d’Europe. La Winter School 2019 de la FIAF a également permis la projection d'une sélection de films d'animation albanaise au Forum des Images à Paris. Burkart et Elezi travaillent actuellement à la restauration du premier long métrage albanais TANA (1958), en coopération avec des laboratoires suisse et allemand. Burkart et Elezi discuteront des défis à relever pour préserver et faire connaître au public le patrimoine cinématographique albanais, qui demeure relativement méconnu.

Iris Elezi est directrice de la Cinémathèque nationale albanaise et scénariste et réalisatrice du long métrage dramatique BOTA, qui a concouru pour l’Albanie aux Oscars 2016 dans la catégorie Meilleur film étranger. Elle est membre du Comité directeur de la FIAF.

Louise Burkart est programmatrice et restauratrice de films indépendante au Deutsches Filminstitut & Filmmuseum de Francfort, en Allemagne. Sa dernière rétrospective en date, consacrée aux films albanais, a fait l'objet d'une tournée à Vienne, Francfort, Zurich et Paris.


16:20

Nour Ouayda

Programmation de films alternative et résistance culturelle dans le contexte actuel au Liban

Au vu des événements surréalistes qui ont frappé le Liban au cours de l'année écoulée (la révolte populaire du 17 octobre 2019, l'effondrement économique du pays, la pandémie mondiale et l'explosion du 4 août 2020), ses institutions culturelles se trouvent à la croisée des chemins, contraintes de repenser leur modèle tout en luttant pour leur survie. Ayant également perdu son lieu de projection au début de cette même année, le cinéma Metropolis, avec son projet de Cinémathèque de Beyrouth, se trouve confronté à des défis et questionnements multiples concernant sa place dans le paysage culturel du Liban et de la région. Quelle valeur représentent les activités culturelles dans un pays dont les habitants luttent pour assurer leurs besoins de base ? Comment créer des modèles qui battent en brèche la corruption de la classe politique et le contrôle par cette dernière des institutions publiques, sachant que leur choix délibéré de négliger les politiques culturelles a conduit à un effacement de la mémoire cinématographique collective ? Quel rôle le cinéma et son histoire jouent-ils dans la résistance à cet effacement ? Et comment envisager la sauvegarde de notre patrimoine cinématographique alors que la notion même de sécurité est menacée au quotidien à Beyrouth ?

Nour Ouayda est cinéaste, critique de cinéma et programmatrice. Elle est titulaire d'une maîtrise en cinéma de l'Université de Montréal avec spécialisation en recherche-création. Outre la réalisation de ses propres films, elle est directrice adjointe de l'association Metropolis à Beyrouth, où elle gère également le projet de la Cinémathèque de Beyrouth. Elle est co-rédactrice en chef de la revue de cinéma en ligne Hors champ, basée à Montréal.


16:40

Discussion avec les participants

17:00

A vous de programmer! (IV)

Certains des participants qui ont apporté leur contribution au jeu de programmation de la FIAF avant la Winter School présenteront leurs choix de programmation et en discuteront avec les autres participants.

17.45

Conclusion and évaluation de la formation

18:00

Fin de la Winter School 2021