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Information sur
l'affiliation

FIAF Manifesto
Ne jetez pas vos
films!
Le Manifeste du 70ième
Anniversaire de la FIAF
Le cinéma constitue une part essentielle
de notre héritage culturel et les films sont des enregistrements
incomparables de notre histoire et de notre quotidien. Pour
permettre le travail des chercheurs et l’accès
du public aux oeuvres, les archives du film ont la charge
d’acquérir, de sauvegarder, de documenter et
de rendre accessibles les films pour les générations
actuelles et futures.
Les 150 archives de 77 pays regroupées au sein de la
Fédération internationale des Archives du film
(FIAF) ont sauvé plus de deux millions de films au
cours des soixante dix dernières années. Néanmoins,
dans le cas de certains genres, de certaines régions
géographiques et de certaines époques de l’histoire
du cinéma, moins de 10% de la production a survécu.
Culturellement, les films sont des objets uniques et irremplaçables,
et leur durée de vie est très longue, surtout
si des experts sont responsablesde leur conservation. D’où
l’insistance de la FIAF, au moment de fêter son
soixante dixième anniversaire, de proclamer très
haut : « Ne jetez pas vos films!».
Et si vous ne possédez pas les équipements adéquats
pour conserver vous-mêmes vos films, la FIAF et ses
affiliés se feront un plaisir de vous mettre en contact
avec une institution correctement équipée.
Bien qu’ils reconnaissent volontiers que les progrès
récents dans le domaine du numérique affectent
directement la technologie des images, les affiliés
de la FIAF demeurent néanmoins convaincus qu’ils
doivent continuer à acquérir les films
et à les conserver en tant que films. Cette
prise de position est complémentaire à l’élaboration
de méthodes de conservation efficaces pour le patrimoine
d’origine numérique. Pour ce faire, la FIAF sollicite
impérativement la collaboration étroite de tous
ceux qui font des films et/ou en ont la charge, qu’ils
soient professionnels ou amateurs; la FIAF sollicite aussi
la collaboration, essentielle, des représentants des
gouvernements de tous les pays qui ont la responsabilité
de sauvegarder l’héritage cinématographique
mondial.
L’expression « Ne jetez pas vos films!»
veut dire en clair qu’il ne faut pas se défaire
d’un film, même si son propriétaire est
porté à croire qu’il en a préservé
le contenu en le transférant sur une pellicule plus
stable ou en le numérisant à une résolution
qui ne semble pas produire de perte d’information significative.
Les archives du film et les musées doivent conserver
les films sur support film :
• Un film est le résultat du travail d’un
cinéaste, ou l’enregistrement d’un moment
d’histoire capturé par un caméraman. L’un
et l’autre sont potentiellement des matériaux
importants, faisant partie de l’héritage culturel
mondial. Le film a une réalité matérielle;
c’est un objet que l’oeil humain peut lire et
qui doit être traité avec beaucoup de soins,
comme tout autre objet de musée ou qui a une valeur
historique.
• Bien que le support film soit fragile,
physiquement et chimiquement, c’est néanmoins
un matériau stable qui peut survivre pour des siècles,
tant et aussi longtemps qu’il est entreposé et
traité comme il faut. Il est d’ores et déjà
établi que l’espérance de vie d’un
film est beaucoup plus longue que celle d’autres supports,
tels le ruban vidéo, qui sont apparus ultérieurement.
Une information numérique n’a de valeur que si
elle est accessible et tous les systèmes numériques
sont susceptibles de détérioration physique
et chimique; tous les appareils et tous les logiciels sont
guettés par l’obsolescence.
• Dans l’état actuel des connaissances,
le film est le meilleur outil de conservation archivistique
pour les images en mouvement. Le film est un support dont
les standards sont très largement internationalisés
et c’est un medium avec un potentiel de haute résolution.
Les informations consignées sur un film n’ont
pas besoin d’être transférées périodiquement
et les appareils qui lui sont associés n’ont
pas besoin de mises à jour fréquentes.
• Les éléments sur film conservés
dans les entrepôts des archives du film sont les matériaux
d’origine à partir desquels on peut tirer des
copies. C’est à partir des éléments
ainsi conservés qu’on peut déterminer
si une copie est complète ou pas. Plus la technologie
numérique va se développer, plus il va être
facile de changer, voire même tronquer arbitrairement
le contenu d’une oeuvre, alors qu’une modification
injustifiée ou une déformation abusive peut
toujours être mise à jour en retournant au matériau
d’origine, en autant qu’il a été
correctement conservé.
Ne jetez jamais un film, même si vous
êtes convaincu qu’un support encore meilleur verra
bientôt le jour. Quelles que soient les technologies
futures des images en mouvement, les copies film constituent
notre lien avec les réalisations et les acquis du passé.
LES COPIES DE FILMS PEUVENT DURER. NE LES DÉTRUISEZ
PAS.
Paris, avril 2008 (révisé en
juillet/septembre 2008).
NOTE
Le Manifeste des 70 ans de la FIAF fut originellement rédigé
par Hisashi Okajima en 2007, sous le titre « Appel de
la FIAF ». Ce document proposait de fait une première
synthèse d’un travail commencé en 2005
et présenté au Comité directeur de la
FIAF pour discussion. Ce projet de texte fut soigneusement
retouché par David Francis, puis corrigé par
Roger Smither en tenant compte des commentaires de Paolo Cherchi
Usai, Robert Daudelin, Edith Kramer et Paul Read. Cette version
corrigée fut alors soumise pour discussion à
l’actuel Comité directeur de la FIAF. La traduction
française a été effectuée par
Robert Daudelin et la traduction espagnole par Christian Dimitriu.
Le Manifeste a fait l’objet d’une adoption de
principe par l’Assemblée générale
de la FIAF durant le congrès de Paris d’avril
2008, après discussion et propositions de changements
éventuels. Tel que convenu dans la proposition alors
mise aux voix, ces suggestions ont été examinées
par un groupe de travail nommé par le Comité
directeur et responsable de la version finale proposée
aujourd’hui. Ce groupe de travail était formé
de Paolo Cherchi Usai, Eva Orbanz, Hisashi Okajima et Roger
Smither; Alexander Horvarth, Maria Elisa Bustamente et Ivan
Trujillo Bolio ont également participé à
la révision finale.
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